lundi 10 décembre 2012

Agile Tour Paris 2012 : Agilité, Management et Sponsorship

Bertrand Dour de AgileGenius LTD nous a proposé... hmmm, disons une sorte de "one man show" sur le sujet "Agilité, management et sponsorship", tout cela avec beaucoup d'humour et pas mal de sarcasmes :)

Le premier constat est le suivant : l'agilité est en hausse, de plus en plus répandue et très demandée maintenant par des clients. Naturellement, cela intéresse des SSII proposants des consultants. D'où le phénomène du commercial généraliste qui va se mettre à "vendre" (notez bien les guillemets) de l'agilité.

"Agilité vs méthodes agiles"
Alors tout le problème est là. Un commercial généraliste qui sait vendre du consultant Java ou BI ou MOA va tenter de comprendre (à sa façon) l'agilité...
Il se dit à propos de l'agilité et des méthodes agiles : "on va dire que les deux sont pareils".
Erreur bien sûr !
=> L'agilité est une philosophie tandis que les méthodes agiles sont des outils et des pratiques pour mettre en place l'agilité !
Ainsi il part déjà sur de mauvaises bases et Bertrand nous décrit les conséquences de cette façon de penser.

Acte 1 : "l'offre Agile"
Le discours du commercial va être adapté aux différentes parties pour vanter les bienfaits de son produit "Agilité".
- aux managers, il va promettre "demain vous êtes agile !"
- au marketing, il va leur faire miroiter un "meilleur time to market" et des développeurs favorables aux changements
- à la DSI, il va leur vendre une "augmentation de la productivité", une "meilleure visibilité", une "amélioration de la qualité", une "réduction des risques"
=> l'agilité c'est bien, c'est fashion !

Acte 2 : "C'est presque comme..."
Dans la continuité, le commercial généraliste va simplifier les choses pour rendre la mise en place de l'agilité facile :
- c'est le rapprochement business / IT
- il faut des open spaces

Acte 3 : Ce qu'ils ont compris...
Au final, qu'ont donc compris les clients ?
- valeur business ?
- projets vs produits ?
- équipes auto gérées ?
- scrum master ?
- implication des utilisateurs ?
- implication dans le produit ?

Acte 4 : quelques mois plus tard
En appliquant une "agilité" à cette sauce, les résultats seront rapides...
oui, rapidement désastreux :
- des équipes à bout de souffle
- une perte de qualité des développements
- l'échec bien sûr de la transformation
- probablement un blocage et un arrêt

Epilogue :
La finalité de la démonstration de Bertrand Dour est de montrer qu'on aura une mauvaise compréhension de l'agilité si on ne prend pas le temps de bien se faire expliquer.
A première vue, l'agilité parait simple avec ses règles de bon sens. Mais la mise en place peut être ardue et si elle est mal faite ou forcée, elle mènera à l'échec.

Les clés du succès ?
- de la transparence : y compris au niveau commercial.
- de l'adhésion : si les personnes n'adhèrent pas, il ne faut pas y aller.
- de l'implication : si on est ok pour appliquer alors il faut impliquer toute l'organisation, pas que les développeurs !
- du support : écouter les conseils, sortir pour voir comment ça se passe ailleurs.
- être moteur de changement si on est motivé

Au final, on notera l'attaque à peine déguisée contre les SSII qui se sont engouffrées dans la brêche de l'agilité lorsqu'elles y ont vu le potentiel commercial. J'espère en tout cas qu'il n'y avait pas trop de commerciaux dans la salle car ils devaient se sentir mal :P Malgré l'humour sarcastique et les piques lancés, il faut garder en tête le message fort que l'agilité va au-delà de la simple application des méthodes agiles. L'implication des gens et la compréhension de la philosophie de l'agilité est primordiale pour une transformation correcte. On ne peut pas vendre l'agilité comme un produit qu'on achète et qui fera les tâches qu'on lui demande. Il faudra y mettre du sien (et on parle là de l'organisation entière).

ROTI : 5/5

mercredi 5 décembre 2012

Agile Tour Paris 2012 : Pratiques Agiles comme métaphore des techniques Lean

Oana Juncu de cOemerge part d'un constat : Agile c'est bien mais Lean revient à la mode.
Au travers de sa conférence, elle effectue donc un rapprochement entre ces deux démarches.

Pour cela, elle se propose via le "clean language" de comparer certaines techniques Agile et Lean.

Tout d'abord, qu'est-ce-que le "Clean language" ?
C'est l'utilisation de métaphores sans en avoir conscience : "décrire des concepts inconnus ou complexes en analogie avec des concepts connus et simples".

En gros, c'est :
=> expliquer à quelqu'un en utilisant quelquechose qu'elle connait pour qu'elle comprenne le nouveau concept.
=> on pose donc la question : "ceci est comme quoi d'autre ?"
=> ainsi, on posera la question dans cette conférence : "des pratiques Lean sont comme quelles techniques Agile ?"

Dans notre cas, Oana a traité les concepts suivants :
1) Definition of done
2) Story Mapping
3) Retrospective

1) La collection de DoD en Agile est comme "relever le Value Stream Mapping" en Lean.
La DoD est la collection de critères d'acceptation => elle met le poids sur la valeur produite pour identifier cette valeur d'usage.
Qu'on peut illustrer par :



2) Le story mapping en Agile est comme faire un "Gemba Walk" en Lean.
C'est un voyage dans le comportement de l'outil.
Qu'on peut illustrer par :



Gemba Walk est équivalent à cela. Le "Go and see" est "l'art d'être au bon endroit" => Il s'agit d'aller sur le terrain pour comprendre comment l'organisation fonctionne et faire ce voyage pas à pas en s'immergeant dans la prolématique du terrain.
DONC un story mapping équivaut à un Gemba Walk dans la tête de l'utilisateur, piloté par la logique de fonctionnement du produit.

3) La rétrospective est comme remplir un A3 (thinking).

Et là, l'orateur fut à cours de temps... snif !

ROTI : 4/5 quand même car ce fut très intéressant mais j'en sors frustré évidemment...

dimanche 2 décembre 2012

Agile Tour Paris 2012 : Le kanban était en noir

Olivier Destrade d'IOcéan nous proposait une mise en scène d'un daily stand-up avec des intervenants se trouvant à grande distance les uns des autres :
- Le product owner est à Paris.
- Le ScrumMaster et un développeur sont à Montpellier.

Via cette petite pièce jouée avec ses deux collègues, il nous montre un exemple d'utilisation via Redmine + Kinect + projecteur sur un grand écran pour déplacer les cartes des user stories sur le taskboard partagé.

Scénario est le suivant :
- le déc a détecté des bugs qui sont bloquants pour la fonctionnalité
- il doit donc retirer d'autres US pour pouvoir consacrer des points d'effort à ce bug
- le ScrumMaster est d'accord mais le PO dit que tout est prioritaire
- Ils se mettent donc d'accord pour revoir le périmètre de certaines US afin de réduire les points et faire entrer le fix du bug dans le sprint en cours.

Les plus selon moi :
+ les intervants se voient
+ le taskboard est partagé, les personnes à Paris et à Montepellier agissent sur le même kanban
+ le PO pouvait voir QUI déplaçait quelle carte

Les moins selon moi :
- Pas d'historique sur qui déplace quoi sur le taskboard
- la détection des mouvements des doigts au moment de la saisie
- l'utilisation d'un projecteur ne permet pas un affichage continu au long de la journée

Conclusion :
Un numéro sympathique qui voulait se la jouer "Minority Report". La collaboration entre intervenants à distance est facilitée par la vidéo et la vision des mouvements de chacun (contrairement à la manipulation d'une souris par exemple). il y a de l'idée mais cela demande encore à être perfectionné.

ROTI : 3/5