dimanche 12 février 2012

Lecture : "Kanban et Scrum - tirer le meilleur des deux" par Henrik Kniberg et Mattias Skarin

En parcourant les articles sur l'Agilité ces derniers temps, on voit émerger comme une guerre intestine au sein des différentes pratiques Agile. Particulièrement, on voit une opposition entre Kanban et Scrum.
J'ai lu "Kanban et Scrum - tirer le meilleur des deux" il y a quelques temps déjà et le débat qui a lieu actuellement m'a donné envie d'en faire un feedback.
La cohabitation est-elle possible ? Pour être honnête, le livre ne concerne pas ce sujet directement : il fait en fait un comparatif entre les deux méthodologies. Mais ce qu'on retient de la lecture est que chaque méthodologie est plus adaptée selon les situations et c'est à nous de faire un choix quand à l'outil qu'on appliquera.

Première constatation après la lecture de ce livre : le titre est un peu trompeur car il traite plus de Kanban que de Scrum. L'un dans l'autre, ce n'est pas si grave car l'un des deux auteurs (Henrik Kniberg) a écrit le très bon "Scrum et XP depuis les tranchées" dont je parlais dans le premier billet de mon blog. Alors vous pourrez toujours vous y reporter si vous cherchez à vous renseigner sur Scrum en particulier :)
Deuxième chose à noter : le livre contient deux parties bien distinctes chacune écrite par un auteur.

La première partie est d'Henrik Kniberg. Il expose tout au long d'une longue comparaison les différences (mais aussi les similitudes) entre les deux méthodologies. Ceci au travers des différents processus, artefacts, en termes de normes et contraintes d'application qui les composent.
Les comparaisons sont faites en mettant Scrum face à Kanban et un peu aussi par rapport à d'autres méthodologies telles que XP ou RUP. Au fil de ces comparaisons, nous en apprenons plus sur le fonctionnement des deux méthodologies. Ce qu'on comprend c'est que Kanban et Scrum sont relativement peu normatifs, et comme cela nous permet pas mal de liberté, l'auteur nous encourage à intégrer d'autres outils pas forcément préconisés ouvertement par l'une ou l'autre des deux méthodes. La recommandation qu'on retient dans cette partie est d'utiliser les méthodologies selon les besoins et les particularités de son organisation. Kanban imposant moins de règles que Scrum, il est possible d'inclure à sa pratique de Kanban des éléments de Scrum si on le juge utile.

La seconde partie est de Mattias Skarin qui nous parle de l'application de Kanban dans un cas d'étude précis. Lorsqu'on applique une méthodologie à son organisation, c'est qu'on cherche à changer quelquechose. Et c'est presque toujours parceque ce quelquechose marche mal ou pas du tout. Il y a donc une situation de crise à l'origine de cette volonté de révolution. Mattias Skarin parle donc de cette expérience d'introduction d'une équipe d'exploitation à Kanban. Il nous explique la situation de départ, décrit les principes de Kanban (le TAF, le tableau, le temps de cycle...), et les résultats obtenus. Le bilan fait est franchement positif et si vous vous reconnaissez dans la situation de départ, la démarche décrite tout au long de cette partie pourra vous servir.

La structure du livre dans son ensemble se veut être une découverte progressive de Kanban. La comparaison avec Scrum en fait ressortir les spécificités et l'étude de cas nous plonge dans un exemple d'application et met en lumière ses bienfaits.

Finalement, contrairement à ce qu'on peut penser en lisant le titre du livre, les deux méthodes ne sont pas forcément opposées. Comme indiqué en introduction, il s'agit d'utiliser le bon outil pour sa situation et son problème propre. L'étude de cas exposé par Mattias Skarin l'a montré : pour une équipe d'exploitation et de support, Kanban est plus adapté que Scrum.

En conclusion, le livre est une bonne introduction à Kanban, à recommander pour une première approche. Le style des auteurs est fluide et les deux parties sont complémentaires sans trop de redites. On apprend à connaitre Kanban et on s'imprègne aussi de la philosophie des auteurs, c'est-à-dire expérimenter et adapter l'utilisation de la méthodologie choisie à son organisation.